Présentation de l'unité

Sommaire :

a. Historique

b. Caractérisation de la recherche

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a. Historique

Notre projet s’est construit au sein des sciences de la conservation, par des enrichissements thématiques successifs.

Espèces rares, menacées, remarquablesLors de la création de l’UMR en 2002, la plupart des chercheurs fondateurs de l’UMR s’intéressaient aux (méta)populations rares et menacées, remarquables, et aux mécanismes biologiques associés à leur extinction, en utilisant notamment des analyses de viabilité de populations (PVA) pour développer les capacités de prédiction du devenir des populations. La disparition d’une espèce rare est en effet une perte irréversible et empêcher ces disparitions est une priorité de toute politique de conservation.

Nature ordinaireNéanmoins, la préservation des espèces communes est une préoccupation croissante des scientifiques et de la société : leur état de santé –par exemple des oiseaux communs-, les menaces qui pèsent sur elles ou leur évolution sont autant de signes perceptibles des changements de notre qualité de vie. La nature qui nous entoure, en plus de nous fournir ce bien-être, détermine de nombreux services écosystémiques, en priorité ceux associés à la régulation environnementale (pollinisation…). Une originalité de l’UMR est de caractériser cettenature ordinaire’, (annexes 1 et 2), celle qui nous entoure, constituée en grande partie d’espèces communes, d’étudier son écologie et sa réorganisation face aux changements globaux. Nous avons accompagné et contribué à l’émergence de cette notion, maintenant très présente sur des thèmes tels que trame verte et bleue, compensation, services écosystémiques.

Ecologie urbaine – L’étude de la biodiversité dans la ville est un thème apparu plus récemment dans l’unité. Elle répond à un double constat : (1) la biodiversité est partout et chaque espace peut participer à sa conservation ; (2) enrayer la crise de la biodiversité passe nécessairement par une appropriation des enjeux par l’ensemble des citoyens. Or, la plupart d’entre eux vivant en ville, la reconnexion qui peut se jouer entre les citadins et la nature dans ces lieux détermine une partie significative des enjeux de conservation de la biodiversité.

Socio-écosystèmes – Conscients que les dynamiques écologiques et sociales interagissent dans les écosystèmes actuels, nous les prenons en compte dans nos constructions de scénarios de biodiversité. Ces travaux s’appuient à la fois sur notre expertise en écologie et sur l’interface que nous avons construite avec les sciences mathématiques et économiques. Ils visent à répondre aux demandes croissantes des politiques publiques dans le domaine de la gestion de la biodiversité tout en tenant compte des impératifs sociaux d’autres domaines et en éclairant ces débats par des propositions originales, conceptuelles et éthiques, sur les relations Homme/nature.

Nous avons ainsi participé au renforcement des liens entre Sciences de la Nature et Sciences de l’Homme au sein du Muséum et du PRES Sorbonne Universités, renforcement qui bénéficie d’une reconnaissance nationale avec le LabEx ‘BCDiv’.

b. Caractérisation de la recherche

Si les sciences de la conservation sont plutôt appliquées, nos travaux ont aussi une vocation fondamentale, développant trois types de recherches (figure 1).

Déplacer les frontières de la connaissance – Une originalité de l’UMR est la volonté d’enraciner ses travaux au sein des théories scientifique les plus rigoureuses et novatrices, de participer au développement des disciplines scientifiques sur lesquelles reposent ses travaux, à travers les données et expériences auxquelles l’UMR est exposée.

La construction de scénarios plus pertinents demandera des travaux fondamentaux approches à l’interface écologie-mathématiques (voir interdisciplinarité en 3). D’une part sur les processus stochastiques en petites populations, combinant effets démographiques et génétiques, en populations fragmentées, et en interaction avec les phénomènes d’adaptation. D’autre part, sur la modélisation des systèmes complexes, impliquant processus écologiques et sociaux.

Les données issues des suivis participatifs, sur les populations d’oiseaux (plateforme CRBPO) d’autres groupes taxonomiques (plateforme Vigie-Nature), couplées aux bases de données internationales (GBIF), sont riches d’informations pour l’écologie. Elles permettent d’accéder à l’état et à la dynamique spatio-temporelle des populations et des communautés de groupes taxonomiques divers, à des échelles spatiales variées. L’analyse de ces données contribue à la construction, au test, des théories écologiques - théorie de la niche, théorie neutre de la biodiversité…- à même d’expliquer les patrons observés.

Ces deux ambitions se justifient par une bonne maîtrise de ces problématiques -en témoignent nos publications dans les meilleures revues internationales (Ecology, Ecology Letters, American Naturalist…).

Une nouvelle orientation est l’étude des liens entre les dynamiques de la biodiversité et les dynamiques sociales, à la fois de gouvernance collective et de pratiques et représentations individuelles. Des projets interdisciplinaires seront mis en œuvre à l’intérieur de l’unité (avec l’économie, la philosophie politique, les sciences de la gestion) et en partenariat avec d’autres disciplines de recherche (géographie, ethnologie, anthropologie, psychologie). Des premiers résultats sont publiés dans des revues internationales interdisciplinaires de haut niveau (Ecological Economics, Ecology and Society, PLos One…). Les sciences participatives que nous développons sont un excellent terrain d’observation, des relations science-société, des processus soaiaux!e| politiques intervenant dans la construction des politiques environnementales.

 

Figure 1. Les trois types de recherches développées au sein de l’unité, leurs relations privilégiées

Participer à l’acquisition de connaissances ouvrant la voie à des applications identifiées – C’est le cœur de nos activités, développer de nouveaux concepts, théories, en sciences de la conservation.

Un atout majeur de l’UMR est son programme de sciences participatives, permettant de caractériser l’état et la dynamique de la biodiversité, c’est-à-dire la composante écologique des socio-écosystèmes, susceptible d’intéresser les différents acteurs de la biodiversité. Par l’analyse de ces données, nous participerons à l’élaboration et l’amélioration des métriques caractérisant la biodiversité, sous forme d’indicateurs, une alternative à « l’indigence informationnelle » prévalant en biodiversité, améliorant sa métrologie.

Nous consoliderons l’intégration des parties humaine et sociale des socio-écosystèmes. Nous étudierons les implications sociales de la mise en œuvre des sciences participatives, les conséquences de l’acquisition de connaissances pour les représentations de la biodiversité par les différents publics, les enjeux sociaux liés aux espèces remarquables et à la nature ordinaire, la construction de stratégies d’acteurs et de politiques publiques qui lient (ou non) biodiversité et développement.

Nous participerons à la construction d’une culture transdisciplinaire, qui pourra aboutir à l’identification d’une référence dans la prise en charge intégrée de questions sociales liées à la protection et à la gestion de la biodiversité en France.

Préparer les réponses directes à des enjeux sociaux, économiques ou culturels – Nous sommes impliqués dans de nombreuses applications, participant à la légitimation de nos travaux en amont.

Nos travaux autour des indicateurs et des scénarios fourniront des outils d’aide à la décision aux acteurs socio-économiques et aux politiques publiques ; leur pertinence bénéficie largement des travaux faits en amont (voir ci-dessus).

Ces travaux participeront à une politique engagée d’ouverture du laboratoire vers la société, de trans-sectorialité. Nos projets seront donc de plus en plus directement construits en partenariat avec des acteurs politiques et économiques. A la croisée de leurs problématiques et des nôtres, nous proposerons aux acteurs socio-économiques de redéfinir les questions qu’ils se posent en questions de recherche, afin de faire avancer la connaissance tout en leur apportant des réponses. Nous travaillons déjà régulièrement avec des entreprises du secteur privé (Bouygues, EDF…), des bureaux d’études (Astrans), mais aussi des collectivités locales (Conseils généraux, Villes, Région Île-de-France) et d’autres acteurs de la société civile (Réserves de Biosphère, associations). Ces collaborations seront consolidées dans le nouveau projet.

Un objectif majeur est de compléter et diversifier les destinataires de nos travaux et des enseignements que l’on peut en tirer en sciences de la conservation, communautés scientifiques (nationales et internationales de différentes disciplines), acteurs socio-économiques, pouvoirs publics français et étrangers, entreprises….- et par des moyens variés - médias traditionnels (chaînes nationales de télévision et de radio, journaux nationaux à grand tirage –voir annexe 3), nouveaux médias (réseaux sociaux, télévisions et radios numériques), programmes de sciences participatives.

 
 
 

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